
New York, USA, 10 Juillet 2026-/African Media Agency(AMA)/- Un chirurgien sénégalais qui redonne espoir aux femmes souffrant de fistules obstétricales et une fondation burundaise engagée auprès des femmes et des enfants les plus vulnérables ont reçu mercredi le Prix des Nations Unies pour la population 2026.
Dans la catégorie individuelle, le Comité du Prix a distingué le professeur Serigne Magueye Gueye, urologue sénégalais, pour plusieurs décennies consacrées au traitement de la fistule obstétricale, une grave lésion liée à l’accouchement qui provoque une incontinence chronique et conduit souvent les survivantes à l’exclusion sociale.
Pionnier de la prise en charge de cette pathologie en Afrique de l’Ouest, il a non seulement soigné des milliers de femmes, mais aussi formé des chirurgiens issus de plus de 45 pays d’Afrique subsaharienne, contribuant ainsi à élargir l’accès à des soins spécialisés dans toute la région.
Pour atteindre les patientes les plus défavorisées, il a transformé sa propre maison en centre de santé, fondant le Centre de santé Aristide Mensah à Yeumbeul, dans la banlieue de Dakar. Son engagement a également permis de mieux faire connaître cette affection, pourtant presque entièrement évitable grâce à des soins maternels de qualité.

Un engagement en faveur de la dignité
Dans un entretien accordé à ONU Info, le professeur Gueye a déclaré que la prévention de nouveaux cas demeure le défi majeur. Il a appelé au renforcement des systèmes de santé et à un accès universel aux soins obstétricaux d’urgence – y compris la réalisation de césariennes en temps utile –, soulignant que ces mesures sont essentielles pour éliminer la fistule obstétricale d’ici 2030.
« Le renforcement des systèmes de santé en général et le développement des soins obstétricaux d’urgence constituent, à mes yeux, la clé pour éliminer la fistule », a-t-il affirmé.
Il a également souligné que le traitement ne s’arrête pas à l’intervention chirurgicale. Les communautés jouent, selon lui, un rôle crucial : elles doivent identifier les femmes qui restent souvent cachées en raison de la stigmatisation, les soutenir tout au long du traitement et les aider à reconstruire leur vie grâce à une réinsertion sociale et économique.
Évoquant le prix reçu, il l’a décrit comme une reconnaissance envers les nombreuses personnes ayant soutenu son travail au fil des ans, plutôt que comme un accomplissement individuel.
« Pour moi, c’est un travail collectif », a-t-il déclaré à ONU Info, ajoutant que cet honneur l’encourage à continuer d’œuvrer pour les communautés négligées et mal desservies.
Élargir l’accès aux soins de santé au Burundi

Dans la catégorie institutionnelle, le Prix a été décerné à la Fondation Bonne Action Umugiraneza, au Burundi, pour son action en faveur de l’accès aux soins, à l’éducation et à la protection sociale des femmes, des enfants et des familles vulnérables.
En 2022, la fondation a ouvert la Polyclinique Umugiraneza, dans la province de Gitega, offrant des services spécialisés, notamment en pédiatrie, médecine d’urgence et fertilité, à des populations rurales jusque-là peu desservies.
L’organisation soutient également des interventions chirurgicales pour des enfants atteints de malformations congénitales, accompagne les femmes vivant avec une fistule obstétricale et gère l’école « Socle du Savoir », qui associe enseignement, nutrition et sensibilisation aux risques des grossesses précoces. Elle propose aussi un refuge et des services d’accompagnement aux survivantes de violences basées sur le genre.
S’exprimant lors de la cérémonie, la Première dame du Burundi, Angeline Ndayishimiye, qui dirige la Fondation, a déclaré que recevoir cette reconnaissance de la part des Nations Unies constituait « à la fois un privilège et une responsabilité ».
« Cela nous incite à poursuivre notre mission avec une détermination encore plus grande », a-t-elle ajouté.
Contribution exceptionnelle
Créé par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1981 et décerné pour la première fois en 1983, le Prix des Nations Unies pour la population récompense chaque année une personne et une institution ayant apporté une contribution exceptionnelle aux questions de population et de santé sexuelle et reproductive.
La remise du prix intervient alors que l’agence des Nations Unies chargée des questions de santé sexuelle et reproductive, l’UNFPA, renouvelle son appel à intensifier les efforts pour éliminer la fistule obstétricale d’ici à 2030.
Depuis le lancement de sa Campagne mondiale contre cette affection en 2003, l’agence onusienne a facilité plus de 153.000 opérations de réparation dans plus de 55 pays, tout en développant des services de prévention, de traitement et de réinsertion des survivantes.
Distribué par African Media Agency (AMA) pour l’Organisation des Nations Unies


