
Résultats
- Nouveaux échanges régionaux d’électricité : Plus de 4 000 kilomètres de lignes de transport à haute tension ont été construits pour relier les réseaux électriques de 15 pays d’Afrique de l’Ouest grâce au WAPP, permettant aux compagnies d’électricité d’échanger de l’énergie au-delà des frontières. Environ 8 % de l’électricité régionale est désormais commercialisée à l’international (soit un niveau qui se rapproche du seuil de référence de 10 à 12 % de la Commission européenne), avec à la clé une réduction des coûts et une amélioration de la fiabilité de l’approvisionnement.
- Élargissement de l’accès à l’électricité (2019–2025) : Plus de 3 millions de personnes au Burkina Faso, en Guinée, au Libéria, au Sénégal, en Sierra Leone et en Gambie ont bénéficié d’un accès à l’électricité grâce aux améliorations apportées aux réseaux de transport et de distribution.
- Renforcement de la situation financière des compagnies d’électricité : La compagnie d’électricité de la Guinée-Bissau (EAGB) est passée d’un déficit mensuel d’environ 1 million de dollars à un solde positif. Celle de la Gambie (NAWEC) est redevenue rentable, avec des économies de coûts de l’ordre de 42 %, grâce aux importantes ressources hydroélectriques de la Guinée et à la boucle d’interconnexion régionale.
- Lancement du marché régional de l’électricité (2026) : Le WAPP et l’Autorité de régulation régionale du secteur de l’électricité de la CEDEAO (ARREC) assurent la synchronisation technique de tous les réseaux interconnectés et développent les échanges commerciaux. Un nouveau marché « day-ahead » (DAM) est en cours de lancement, qui permettra aux compagnies d’acheter l’énergie dont elles ont besoin pour le lendemain à moindre coût, et d’éviter ainsi des délestages coûteux qui plongent les populations dans l’obscurité et paralysent les activités économiques.
Le programme pour l’intégration régionale de l’énergie et l’accès à l’électricité en Afrique de l’Ouest fournit une électricité plus abordable, plus fiable et plus durable, contribuant ainsi à la fois à la création d’emplois, à l’autonomie des femmes et à la réduction des impacts climatiques.
Le défi de développement
Avant le programme, l’accès limité à une électricité fiable et abordable freinait le développement de l’Afrique de l’Ouest. Plus de la moitié de la population vivait sans électricité, et les habitants qui étaient raccordés au réseau subissaient des coupures à répétition. La plupart des compagnies d’électricité dépendaient de centrales anciennes alimentées aux combustibles fossiles, incapables de répondre à la demande de pointe ni de suivre le rythme des besoins croissants. Produire de l’électricité revenait cher du fait de la dépendance aux carburants liquides importés, tandis que les tarifs de vente restaient inférieurs au coût réel du service, fragilisant la viabilité financière des compagnies. Les financements publics étant limités, les pays peinent à investir dans des capacités de production plus propres, ainsi que dans les réseaux de transport et de distribution nécessaires à l’acheminement du courant. Quelques pays, comme la Guinée et la Côte d’Ivoire, qui disposent d’un excédent de production mais n’étaient pas en mesure de l’exporter faute de lignes de transport transfrontalières et de règles d’échanges commerciaux. Dans ce contexte, une solution régionale coordonnée s’est imposée comme indispensable pour surmonter les pénuries d’électricité nationales et accélérer la marche vers l’accès universel à l’électricité.
L’approche du Groupe de la Banque mondiale
La Banque mondiale a adopté une approche globale et multidimensionnelle, combinant partenariats, construction de lignes de transport, extension des réseaux de distribution, développement du marché et renforcement institutionnel. Grâce au cofinancement de partenaires — Banque africaine de développement, Banque européenne d’investissement, Banque ouest-africaine de développement, Banque islamique de développement et Agence française de développement, notamment —, le programme a permis la construction d’interconnexions de grande envergure : la ligne Côte d’Ivoire–Libéria–Sierra Leone–Guinée (CLSG), la boucle Guinée–Guinée-Bissau–Gambie–Sénégal (dans le cadre de l’OMVG) et l’interconnexion Sénégal–Mali (au sein de l’OMVS). Soit autant d’infrastructures qui contribuent à l’unification progressive des réseaux électriques nationaux. Le recours à la technologie innovante du câble de garde sur ces lignes a en outre permis d’électrifier les communautés riveraines. À mesure que les postes électriques entraient en service, la Banque a soutenu l’extension des raccordements de proximité à travers le projet régional d’accès à l’électricité (REAP) et le projet régional d’accès à l’électricité et de stockage de l’énergie par batteries (BEST) menés au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Parallèlement, la Banque a contribué à la constitution d’un marché régional de l’électricité fonctionnel, en appuyant la standardisation des contrats d’achat d’énergie, l’élaboration d’un code de réseau régional et d’accords d’exploitation, la définition d’une tarification du transport d’électricité, et la mise en œuvre opérationnelle du Centre d’information et de coordination du Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain (WAPP). Le programme soutient également le développement d’un marché « day-ahead » (DAM), sur lequel l’électricité est échangée la veille pour le lendemain, ainsi que la synchronisation complète des réseaux. Fin 2025, les organismes de réglementation ont validé les tarifs du DAM et le WAPP a réalisé le premier essai de synchronisation avec des flux d’électricité ininterrompus à travers douze pays d’Afrique de l’Ouest.
« Véritable pilier de l’intégration et de la coopération sous-régionales et régionales, l’interconnexion OMVG met en commun les ressources de quatre pays et de trois bassins fluviaux pour garantir à tous une alimentation électrique continue, sûre et abordable. Elle renforce la viabilité financière des compagnies nationales d’électricité et soutient le développement socioéconomique des communautés, garantissant ainsi un avenir énergétique durable et partagé. » Demba Jallow,
Haut-commissaire de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG)
Contribution aux objectifs du Groupe de la Banque mondiale et à l’emploi
Le programme a amélioré les conditions de vie des femmes, en réduisant les inégalités entre les sexes et en permettant aux entreprises dirigées par des femmes de se développer, entraînant une hausse des revenus ainsi qu’un meilleur accès à l’éducation et aux services de santé. Il a également généré plus de 52 000 emplois directs et indirects grâce à la construction et à l’exploitation des réseaux de transport CLSG et OMVG, dans des domaines aussi variés que l’ingénierie, la construction, la logistique, la gestion de projets, ainsi que l’exploitation et l’entretien.
Enseignements tirés
L’expérience des projets d’interconnexions transfrontaliers confirme que l’intégration régionale de l’énergie constitue un moyen rentable de combler les déficits d’approvisionnement et d’assainir les finances des compagnies d’électricité. Grâce à la boucle OMVG, la Guinée-Bissau et la Gambie ont pu importer de l’hydroélectricité en provenance de Guinée, ce qui a permis de réduire de plus de moitié les coûts de production de l’EAGB (de 25 à 11 centimes de dollar par kWh) et de faire baisser ceux de la NAWEC de 42 %, ramenant ainsi les deux compagnies à la rentabilité. Le réseau CLSG a permis au Libéria et à la Sierra Leone d’importer une électricité moins chère en provenance de Côte d’Ivoire, avec une réduction des coûts de production de 10 à 20 %. De même, la ligne Tambacounda–Kayes (OMVS) a abaissé les coûts à Tambacounda, au Sénégal, en facilitant les importations depuis le complexe hydroélectrique de Manantali.
Prochaines étapes
À l’avenir, le programme pour l’intégration régionale de l’énergie et l’accès à l’électricité amplifiera les échanges transfrontaliers, renforcera la santé financière des compagnies et accélérera la marche vers l’accès universel à l’électricité, soutenant ainsi le développement socioéconomique de l’Afrique de l’Ouest. La première phase du programme régional du marché de l’électricité en Afrique de l’Ouest (WA-REMP) accompagne le WAPP et l’ARREC dans la synchronisation complète des réseaux interconnectés et le lancement du marché «day-ahead», afin de dynamiser les échanges régionaux d’électricité. Pour renforcer la confiance dans les échanges d’énergie, le programme mettra également en place un fonds renouvelable de renforcement de la liquidité, garantissant la ponctualité des paiements, en complément de réformes nationales visant à consolider la viabilité financière des compagnies d’électricité. Alors que les échanges régionaux s’intensifient et que l’accès à l’électricité progresse dans le cadre de la Mission 300, de nouveaux projets énergétiques régionaux sont en cours de préparation pour aider les pays à avancer vers l’accès universel, stimuler l’activité économique et créer des emplois. À terme, d’autres projets d’interconnexion transfrontalière sont prévus pour approfondir la connectivité régionale.
Distribué par African Media Agency (AMA) pour La Banque Mondiale


