À vingt ans de l’échéance, le PDG de la Fondation Gates expose une feuille de route pour le progrès.

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Lettre annuelle 2026 : La route vers 2045

Deux ans se sont écoulés depuis ma dernière lettre, et le monde a considérablement changé depuis.
Par : Mark Suzman

SEATTLE, WA, USA, 04 février 2026-/African Media Agency(AMA)/-Confrontés à des crises cumulatives et à des priorités concurrentes, les dirigeants du monde entier sont appelés à prendre des décisions difficiles afin de faire davantage avec des ressources de plus en plus limitées. Les pays riches ont retiré des dizaines de milliards de dollars des fonds consacrés à la santé et au développement. Parallèlement, les pays à faible revenu sont confrontés à un endettement de plus en plus lourd, ce qui réduit considérablement les ressources qu’ils peuvent investir en faveur de leur population.

Il s’agit là de contraintes réelles, mais elles ne sont pas irréversibles. Même si ces conditions entraîneront des répercussions importantes sur la santé et le développement à l’échelle mondiale au cours des prochaines années, les priorités peuvent changer. La dette peut être restructurée. La générosité peut revenir.

Nous avons vu ce qu’il est possible d’accomplir lorsque le monde choisit d’agir de concert. Le début du XXIe siècle a marqué le coup d’envoi de deux décennies de progrès sans précédent. La mortalité infantile a diminué de moitié, tout comme les décès dus à des maladies telles que le VIH, la tuberculose et le paludisme.

Mais la dynamique observée ces dernières années connaît un ralentissement. La pandémie de COVID-19 a montré à quel point les progrès réalisés peuvent être fragiles. Et sous le poids de nouvelles crises qui se superposent, la courbe du progrès s’inverse.

L’année dernière, les décès dus au VIH, à la tuberculose et au paludisme ont augmenté. Et en 2025, pour la première fois depuis le début du siècle, il est presque certain que le nombre d’enfants décédés sera supérieur à celui de l’année précédente.

C’est une phrase que j’aurais préféré ne jamais avoir à écrire. Après tout, ce n’est pas comme si le monde avait oublié comment sauver la vie des enfants. Ce n’était tout simplement pas une priorité. Les fonds et l’attention ont été consacrés à d’autres causes, même si nous n’avons jamais autant été en mesure de sauver des vies dans l’histoire de l’humanité.

C’est ainsi que des millions d’enfants ont connu la mort la plus tragique qui soit, une mort qui aurait pu être évitée.

Tant que le monde continuera à négliger la santé des enfants, des millions d’autres mourront, simplement à cause de leur lieu de naissance.

C’est cela la plus grande injustice de la pauvreté. Elle ne se contente pas de limiter les possibilités qui s’offrent aux enfants lorsqu’ils grandissent, elle détermine s’ils auront la chance de grandir tout court.

Dans son discours devenu emblématique, prononcé en 2005 à Trafalgar Square, Nelson Mandela déclarait : « Vaincre la pauvreté n’est pas un geste de charité. C’est un acte de justice. C’est la protection d’un droit humain fondamental, le droit à la dignité et à une vie décente. Tant que la pauvreté persiste, il n’y a pas de véritable liberté. »

Au fil des ans, je suis resté fidèle à cette conviction : la pauvreté n’est pas une triste fatalité, mais un problème qui peut être résolu, un problème que nous avons l’obligation morale de traiter. C’est pourquoi je suis si fier de diriger la Fondation Gates, une institution fondée sur un principe simple mais puissant : chacun mérite d’avoir la chance de mener une vie saine et de réaliser pleinement son potentiel.

Au cours des deux prochaines décennies, nous pensons que les problèmes pour lesquels la fondation a été créée pourront enfin être résolus, une fois pour toutes. C’est ce qui a motivé M. Gates à faire cette annonce historique l’année dernière : la Fondation Gates va accélérer son action sur une période de 20 ans, dépenser 200 milliards de dollars supplémentaires pour aider à sauver et améliorer des vies, et fermer ses portes le 31 décembre 2045.

Cette date est encore loin, mais si l’histoire est un indicateur, des progrès incroyables peuvent être réalisés d’ici là. C’est pourquoi, au cours de nos deux dernières décennies, nous nous concentrerons sur la réalisation de trois objectifs :

  1. Aucune mère ni aucun enfant ne meurt d’une cause évitable.
  2. La prochaine génération grandit dans un monde sans maladies infectieuses mortelles.
  3. Des centaines de millions de personnes sortent de la pauvreté, mettant davantage de pays sur la voie de la prospérité.

Ce sont là des objectifs sur lesquels, je l’espère, des personnes de tous horizons, de toutes confessions et de toutes convictions politiques pourront s’accorder. Après tout, ils sont ancrés dans des valeurs que les parents du monde entier, d’une manière ou d’une autre, enseignent à leurs enfants.

Depuis que nous avons annoncé notre intention d’accélérer notre impact au cours des 20 prochaines années, nous avons reçu beaucoup de questions. L’une d’entre elles revient souvent, et j’espère pouvoir y répondre à travers cette lettre :

Avec 200 milliards de dollars à dépenser, soit le double de ce que nous avons dépensé au cours de nos 25 premières années, quelles seront les priorités de la Fondation Gates pour ses 20 dernières années ?

Pour avoir un impact significatif, nous savons que nous devons nous concentrer davantage, en particulier sur nos priorités fondamentales : la santé maternelle et infantile, la nutrition, les maladies infectieuses, l’agriculture et l’éducation aux États-Unis.

Sur ces questions, nous continuerons à viser haut jusqu’en 2045, pour reprendre une métaphore tirée du baseball que Warren Buffett aimait utiliser lorsqu’il était à la fondation. Nous pensons que les opportunités de progrès transformateurs sont réelles et à notre portée.

Nous pensons que la philanthropie a le plus grand impact lorsqu’elle agit comme un catalyseur, en prenant des risques que d’autres ne peuvent ou ne veulent pas prendre afin de permettre à d’autres de progresser. Notre rôle ne consiste pas seulement à financer de bonnes idées, mais aussi à aider à les transformer en solutions qui changent le fonctionnement des systèmes.

Nous démontrons ce qui est possible, prouvons que cela fonctionne et collaborons avec les gouvernements, les entreprises et les communautés afin de garantir que cela touche le plus grand nombre de personnes possible, dans les meilleurs délais. C’est ce que nous entendons par une innovation catalytique : des investissements précoces et audacieux qui peuvent mener à un changement durable.

Bien sûr, découvrir de nouvelles solutions n’est qu’une partie du processus du progrès. La mise en œuvre de ces innovations présente ses propres défis. Une innovation révolutionnaire ne peut changer des vies que si elle atteint les personnes qui en ont besoin, ce qui dépend souvent de deux facteurs : le coût et l’accès.

Une nouvelle variété agricole peut être résistante aux parasites et à la sécheresse, mais si elle est trop chère ou trop difficile à obtenir, les agriculteurs n’auront pas la possibilité de la cultiver. Un traitement révolutionnaire peut guérir une maladie mortelle, mais il ne sauvera pas de vies si les professionnels de santé ne disposent pas du matériel ou de la formation nécessaires pour l’administrer. C’est pourquoi nous investissons pour rendre les innovations abordables, accessibles et évolutives.

Un outil révolutionnaire dont nous ne disposions pas au cours de nos 25 premières années d’existence était l’IA générative.

Nous pensons qu’elle peut révolutionner pratiquement tous les domaines dans lesquels nous travaillons. Et bien que des discussions très importantes aient lieu sur les garde-fous et les meilleures pratiques, nous sommes extrêmement enthousiastes quant à la capacité de l’IA à aider les ressources limitées à aller plus loin et à ouvrir de nouvelles voies pour résoudre des problèmes persistants.

Par exemple, en Afrique subsaharienne, il manque près de six millions de professionnels de santé. En conséquence, les professionnels de santé sont contraints de s’occuper d’un trop grand nombre de patients avec trop peu d’assistance.

Les outils d’IA peuvent contribuer à changer cela. En janvier, la fondation a annoncé le lancement d’Horizon 1000, un nouveau partenariat avec OpenAI visant à fournir des outils d’IA à 1 000 cliniques de soins de santé primaires et communautés environnantes en Afrique subsaharienne. Ces outils peuvent aider les professionnels de santé dans toutes leurs tâches, de l’accueil et le triage des patients aux soins de suivi, leur permettant ainsi de fournir des services plus efficaces et de meilleure qualité à un plus grand nombre de personnes qui en ont besoin.

Nous allons faire tout notre possible pour que l’IA soit conçue dans un souci d’équité, afin que ses avantages profitent aux personnes qui sont trop souvent laissées pour compte.

Bien sûr, tout notre travail nécessite des partenariats.

Chaque jour, j’ai la chance de travailler aux côtés de partenaires extraordinaires : ceux qui espèrent que leur travail deviendra inutile pour la prochaine génération, car les problèmes auxquels ils sont confrontés auront été résolus.

Certains ont grandi alors que des maladies comme le VIH ravageaient leurs communautés. D’autres ont vu leurs frères et sœurs convulser de fièvre, frappés non pas une, mais plusieurs fois par le paludisme.
D’autres encore ont vu des mères entrer en salle d’accouchement pleines d’espoirs pour l’avenir, pour en ressortir sans bébé, voire ne jamais en ressortir.

Mais ils ne se sont pas contentés de constater ces problèmes. Ils ont consacré leur vie à agir pour y remédier.

Aucun des progrès réalisés au cours des 25 dernières années n’aurait été possible sans nos partenaires. Jusqu’à notre dernier jour, nous serons à leurs côtés pour soutenir leurs efforts visant à sauver et à améliorer des vies.

Mais pour que nos partenaires puissent résoudre des problèmes à plus grande échelle, ils auront besoin de systèmes plus solides et d’un soutien durable. C’est pourquoi, au cours de nos 20 dernières années d’existence, nous nous concentrerons sur la consolidation des coalitions existantes et la création de nouvelles.

Ce dont le monde a besoin aujourd’hui, c’est d’une nouvelle ère de coopération axée sur le sauvetage et l’amélioration des vies. Cela signifie travailler avec les gouvernements des pays à faible et moyen revenu afin de renforcer leur capacité à soutenir les progrès et à utiliser efficacement leurs ressources limitées. Cela signifie également faire appel à d’autres donateurs et philanthropes pour poursuivre ce travail longtemps après notre départ.

Pour ce faire, nous devrons répondre à des questions importantes et urgentes : comment pouvons-nous sauver le plus de vies possibles, de la manière la plus efficace ? Où pouvons-nous contribuer à faire avancer les choses, en finançant des innovations qui changeront la façon dont le monde s’attaque à ses problèmes les plus complexes ? Et comment pouvons-nous aider la prochaine génération d’innovateurs, en particulier dans les pays les plus touchés par les maladies infectieuses et la pauvreté, à montrer la voie ?

Pour illustrer notre réflexion sur nos 20 dernières années, je me concentrerai sur nos trois objectifs : ce que nous prévoyons de faire, comment nous prévoyons de le faire et où nous voyons les autres jouer un rôle dans le sauvetage et l’amélioration de millions de vies.

  1. Aucune mère, aucun bébé, aucun enfant ne meurt d’une cause évitable.

Au cours des 20 prochaines années, nous voulons aider à aligner les taux de mortalité maternelle et infantile dans les pays du Sud sur ceux des pays du Nord, pour que la géographie ne détermine plus les chances de survie d’un enfant. Pour atteindre cet objectif, il faudra encore réduire de moitié la mortalité infantile d’ici 2045.

Pour y parvenir, notre fondation poursuivra son travail dans les domaines où nous avons eu le plus d’impact : les vaccins, la santé maternelle et infantile et la nutrition.

Dans notre rapport Goalkeepers 2025, M. Gates a présenté certaines des interventions les plus efficaces pour sauver la vie des enfants : des investissements intelligents dans les fondamentaux, comme des systèmes de santé primaires solides, et dans des innovations révolutionnaires, comme les vaccins qui protègent les bébés avant même leur naissance.

Nous pensons que les vaccins restent le meilleur investissement en matière de santé mondiale, et nous continuerons à investir pour aider à découvrir, développer et fournir des vaccins vitaux contre certaines des principales causes de mortalité.

Nous continuerons également à investir dans la nutrition, un domaine dans lequel nous finançons des recherches prometteuses qui pourraient aider des millions d’enfants à travers le monde. La malnutrition est la cause sous-jacente de la moitié des décès d’enfants. Une meilleure nutrition permettra non seulement de sauver des vies, mais aussi de donner à davantage d’enfants les bases nécessaires au développement sain de leur cerveau.

Et nous continuerons à mettre l’accent sur la santé des femmes. L’année dernière, nous avons pris l’engagement de consacrer 2,5 milliards de dollars à l’accélération de la recherche et du développement (R&D) dans cinq domaines critiques et chroniquement sous-financés.

Priorité à l’innovation en matière de santé des femmes


Avec 2,5 milliards de dollars, notre investissement soutiendra de nouvelles solutions qui améliorent la santé des femmes à chaque étape de leur vie :

  • Soins obstétricaux et vaccination maternelle : rendre la grossesse et l’accouchement plus sûrs
  • Santé et nutrition maternelle : favoriser des grossesses et des nouveau-nés en meilleure santé
  • Santé gynécologique et menstruelle : faire progresser les outils et la recherche afin de mieux diagnostiquer, traiter et améliorer la santé gynécologique et réduire le risque d’infection.
  • Innovation en matière de contraception : proposer des options plus accessibles, plus acceptables et plus efficaces.
  • Infections sexuellement transmissibles (IST) : améliorer le diagnostic et le traitement afin de réduire le fardeau disproportionné qui pèse sur les femmes.

La grossesse et l’accouchement restent beaucoup trop dangereux pour de nombreuses femmes, même dans les pays riches. Prenons l’exemple de la prééclampsie, une affection courante dans le monde entier. C’est également l’une des affections les plus négligées en matière de santé maternelle : les médecins ne connaissent pas ses causes et il n’existe pratiquement aucun moyen de la traiter, si ce n’est de provoquer l’accouchement prématurément. Pour les femmes vivant dans des milieux défavorisés, elle est souvent mortelle.
Nous soutenons donc des innovations telles que des outils de dépistage qui aident les professionnels de santé à détecter les risques à un stade précoce, des tests sanguins rapides et abordables qui permettent aux cliniques de diagnostiquer et de prendre en charge les cas sans avoir à envoyer les échantillons à un laboratoire externe, ainsi que des médicaments prometteurs qui pourraient enfin nous permettre de passer de la gestion des symptômes au traitement de la maladie elle-même.

Certains de ces outils existent déjà, tandis que d’autres pourraient mettre une décennie ou plus à voir le jour. Mais ces différentes approches peuvent contribuer à protéger les mères dès aujourd’hui et à sauver encore plus de vies à l’avenir.

2. La prochaine génération grandit dans un monde sans maladies infectieuses mortelles.
Grâce à une action concertée dès maintenant et à des efforts soutenus au cours des deux prochaines décennies, le panorama mondial des maladies infectieuses pourrait être complètement transformé d’ici 2045.

D’ici 2045, nous pensons que le monde pourra éradiquer la polio et le paludisme et maîtriser la tuberculose et le VIH, qui deviendront des maladies gérables.

Je ne dis pas que plus personne ne souffrira jamais de maladies infectieuses. Mais la prochaine génération grandira dans un monde qui n’aura plus à faire face à ces maladies de manière aussi inégalitaire qu’aujourd’hui.

Ce n’est pas un vœu pieux, c’est un résultat réaliste si les innovations en cours de développement parviennent aux personnes qui en ont besoin.

Le monde a déjà fait d’énormes progrès dans la lutte contre les maladies infectieuses. Le VIH, qui était autrefois la pandémie la plus meurtrière au monde, est de plus en plus facile et abordable à prévenir, et nous pourrions voir un remède apparaître de notre vivant. Aujourd’hui, 20 millions de personnes qui auraient autrement été paralysées par la polio peuvent marcher. Mais la polio est une menace partout où elle existe, et nous ne nous arrêterons pas tant que le virus n’aura pas disparu pour de bon.

Nous savons que l’éradication du paludisme est un objectif extrêmement ambitieux. Mais nous pensons qu’il est possible de l’atteindre d’ici 2045. Nous encourageons déjà le développement d’une nouvelle génération d’outils capables d’offrir une protection avant la piqûre d’un moustique vecteur du paludisme, pendant l’exposition et après l’infection. Et en mettant la science au service de la lutte contre la transmission du paludisme par les moustiques aux humains, nous pourrions enfin éradiquer cette maladie.

Et puis il y a la tuberculose, qui tue plus de personnes que le VIH, le sida et le paludisme réunis. Le mois prochain, j’emmènerai notre conseil d’administration en Afrique du Sud, où nous visiterons un site d’essai d’un candidat vaccin appelé M72 qui, s’il s’avère efficace, pourrait être le premier nouveau vaccin contre la tuberculose depuis plus de 100 ans.

L’année dernière, j’ai visité une clinique où l’essai est mené dans la communauté de Mbekweni. Le responsable des relations avec la communauté de la clinique m’a dit que la plupart des habitants avaient perdu au moins un membre de leur famille à cause de la tuberculose.

J’espère pouvoir donner des nouvelles positives sur les résultats du programme M72 dans une prochaine lettre, pour les familles de Mbekweni et les millions d’autres personnes qui vivent sous la menace de cette maladie.

3.Des centaines de millions de personnes sortent de la pauvreté, mettant davantage de pays sur la voie de la prospérité.

Plus de 70 % de notre financement est consacré aux deux premiers objectifs, une part qui devrait augmenter au cours des deux prochaines décennies. Nous pensons que ces objectifs peuvent être atteints d’ici 2045 et nous ferons tout notre possible pour y parvenir. Mais pour aider davantage de personnes à réaliser leur plein potentiel, nous continuerons également à nous concentrer sur deux puissants moteurs d’opportunités économiques : l’éducation aux États-Unis et l’agriculture dans les pays à faible et moyen revenu.

Nous savons que garantir l’égalité des chances pour tous est un défi qui dépasse nos moyens. Mais nous pouvons contribuer à stimuler les innovations qui permettront d’aller plus loin et plus vite, et laisser un héritage sur lequel d’autres pourront s’appuyer longtemps après nous.

Nous sommes convaincus que l’éducation reste le moteur le plus puissant des opportunités économiques, en particulier aux États-Unis. Mais même si chaque étudiant a du potentiel, tous n’ont pas la chance de le réaliser.

Nos stratégies en matière d’éducation visent à aider tous les élèves à réussir, en particulier ceux qui sont les plus éloignés des opportunités, comme les élèves issus de milieux défavorisés et de communautés sous-représentées.

Nous investissons dans les mathématiques, car les élèves qui réussissent leur cours d’algèbre 1 en 3e ont beaucoup plus de chances d’obtenir leur diplôme, de poursuivre des études supérieures et de gagner un salaire leur permettant de subvenir aux besoins de leur famille. Nous soutenons également les partenariats qui font le lien entre l’enseignement primaire et secondaire, l’enseignement supérieur et les parcours professionnels, afin de garantir que les élèves bénéficient du soutien dont ils ont besoin pour construire l’avenir qu’ils souhaitent.

Bien que nous soyons fiers de l’impact que nous avons eu sur l’éducation aux États-Unis, les progrès réalisés au cours des 25 dernières années n’ont pas été à la hauteur de nos espérances. Face à un défi aussi complexe au niveau systémique, nous pensons que l’IA peut jouer un rôle transformateur. En fait, c’est déjà le cas, et nous avons la responsabilité de veiller à ce qu’elle transforme l’éducation pour de bon.

Utilisés à bon escient, les outils d’IA peuvent aider les enseignants à gagner du temps sur les tâches administratives telles que la notation et la préparation des cours, leur permettant ainsi de se concentrer davantage sur l’interaction directe avec les élèves. Et lorsqu’elle est conçue de manière responsable, l’IA peut offrir aux élèves des expériences d’apprentissage plus personnalisées et adaptatives, agissant comme des « tuteurs personnalisés ». Pour tirer parti de ces avantages, il faudra mettre l’accent sur la précision, la sûreté et la sécurité, et s’engager à faire en sorte que ces outils aident tous les élèves à s’épanouir, et pas seulement ceux qui ont le plus d’accès ou de ressources.

Pour des centaines de millions de personnes, en particulier en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, la voie vers la prospérité passe par l’agriculture. La plupart des habitants de ces régions subviennent aux besoins de leur famille en cultivant la terre et en élevant du bétail dans de petites exploitations agricoles. La croissance dans le secteur agricole est deux à trois fois plus efficace pour réduire la pauvreté que la croissance dans tout autre secteur, et ce sont les ménages les plus pauvres qui en tirent le plus grand bénéfice.

Non seulement cela aide les agriculteurs à nourrir leurs familles, mais cela renforce également l’autosuffisance de communautés et de pays entiers. C’est pourquoi, lors de la COP30, la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, notre fondation s’est engagée à verser 1,4 milliard de dollars au cours des quatre prochaines années pour aider des millions de petits exploitants agricoles à s’adapter.

Programmes arrivant à terme, transfert de responsabilités

Je peux affirmer avec certitude que tant que la Fondation Gates existera, elle continuera d’investir dans l’éducation et l’agriculture aux États-Unis. Mais cela ne vaut pas pour toutes les stratégies dans lesquelles nous investissons actuellement.

Certains de nos programmes atteindront leurs objectifs avant 2045. D’autres prendront fin encore plus tôt, soit parce que nous aurons atteint nos objectifs, soit parce qu’il y aura une occasion naturelle de transférer le travail à d’autres partenaires.

Notre programme « Systèmes financiers inclusifs », par exemple, prendra fin en 2030, après avoir aidé des centaines de millions de personnes à accéder aux services bancaires et à la finance numérique. Notre programme « Mobilité économique et opportunités aux États-Unis » a pris fin en 2025, avec un investissement final dans la co-création d’un nouveau partenariat d’un milliard de dollars visant à élargir les opportunités économiques en exploitant l’innovation et l’IA.

Lorsque nous prendrons des décisions sur la manière et le moment de mettre fin ou de faire évoluer notre travail dans d’autres domaines, nous utiliserons un guide similaire, afin de donner à nos équipes et à nos partenaires le temps de procéder à une transition responsable.

Mes espoirs pour l’avenir

J’ai commencé cette lettre en réfléchissant au fait préoccupant que 2025 a été la première année de ce siècle où le nombre de décès d’enfants a augmenté. Mais voici ce que nous ne savons pas encore : 2025 était-elle une anomalie ou le début d’un renversement prolongé des progrès accomplis ?

Voici mon espoir : que les générations futures apprennent un jour comment le monde a mis fin aux décès infantiles évitables. Comment nous avons éradiqué le paludisme. Comment nous avons guéri le VIH. J’espère qu’elles devront zoomer sur le graphique retraçant les décès des moins de 5 ans pour voir, vers 2025, un petit pic, une période presque oubliée où les progrès étaient incertains, avant que le monde ne se remette sur les rails.

Le monde est confronté à de nombreux défis, et de nouveaux ne manqueront pas d’apparaître. Mais il y aura aussi de nouvelles innovations, de nouvelles voix et de nouvelles coalitions. C’est ce qui me rend confiant dans le fait que nos meilleurs jours sont encore à venir : parce que partout, dans le monde, des gens s’engagent à faire la différence pour les autres.

Et d’ici 2045, je crois que le monde sera meilleur qu’à nos débuts, car les inégalités qui ont autrefois affligé l’humanité ne dicteront plus son avenir, et les solutions que nous avons contribué à mettre en place perdureront longtemps après la fin de notre aventure et lorsque nous aurons dépensé notre dernier dollar.

Distribué par African Media Agency (AMA) pour la Fondation Gates

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