LOME, Togo, 09 Octobre 2026 -/African Media Agency(AMA)/ -À la veille de la Journée mondiale de la santé mentale, la Bluemind Foundation publie la Trust Study, menée auprès de 576 femmes au Togo. Face à une difficulté, 30 % des clientes interrogées se tournent d’abord vers leur coiffeuse ; moins de 1 % vers un·e professionnel·le de santé. Des données rares en Afrique francophone, et une question qui concerne tous les systèmes de santé : et si l’accès aux soins commençait bien avant la porte du cabinet ?

Avant le cabinet médical, il y a souvent le salon de coiffure. C’est ce que révèle la Trust Study, publiée aujourd’hui par la Bluemind Foundation. Menée d’avril à juin 2026 auprès de 205 clientes et 371 coiffeuses à Lomé, Kara, Sokodé et Dapaong, cette étude exploratoire par méthodes mixtes montre que la première porte vers le soin n’est souvent ni un hôpital ni une ligne d’écoute, mais une relation de confiance déjà là.
Après la famille (41 %), c’est la coiffeuse (30 %) que les femmes citent en premier, loin devant les amies (11 %) et les soignant·es (moins de 1 %).
Sa publication intervient à la veille du 10 octobre, Journée mondiale de la santé mentale, que l’Organisation mondiale de la santé consacre cette année à l’expérience vécue : « À l’écoute de l’expérience vécue : des voix authentiques pour un réel changement ». Des voix authentiques, la Trust Study en a recueilli 576.
Ce que révèle l’étude
- 89 % des clientes interrogées en entretien confient à leur coiffeuse des choses qu’elles ne disent nulle part ailleurs.
- 100 % des coiffeuses interrogées en entretien ont déjà perçu qu’une cliente allait mal avant qu’elle n’en parle.
- 99 % des clientes sont ouvertes à une orientation vers un·e professionnel·le proposée par leur coiffeuse (69 % oui, 30 % peut-être).

Un besoin immense, des soins rares
En Afrique, près de 150 millions de personnes vivent avec un trouble de santé mentale, et moins d’une sur dix reçoit un quelconque soutien. Au Togo, on compte moins de dix psychiatres pour plus de 9 millions d’habitants, selon l’OMS. Les femmes sont en première ligne : plus exposées à la dépression, à l’anxiété et aux violences, elles font face aux obstacles les plus lourds pour accéder aux soins. Consulter reste souvent coûteux, et la peur du regard des autres freine encore.
Une question reste pourtant largement absente des politiques publiques : que se passe-t-il avant le système de soins ? À qui parle-t-on d’abord ? Qui remarque qu’une personne ne va pas comme d’habitude ?
Pourquoi la coiffeuse ?
Problèmes de couple, difficultés d’argent, stress, violences au sein de la famille : au salon se disent des choses qui ne se disent pas ailleurs. Car la coiffeuse est proche, mais pas trop. Elle connaît ses clientes depuis des années sans faire partie de leur vie privée : se confier à elle ne coûte ni le jugement de la famille, ni le prix d’une consultation. Et parce qu’elle les voit souvent, elle remarque quand quelque chose change, parfois avant qu’elles ne le disent. Ce n’est pas un diagnostic, mais c’est souvent le premier signal.

« Entre femmes, on se comprend et on se fait confiance naturellement. » — UNE CLIENTE, LOMÉ, TRUST STUDY 2026
« Les femmes savent souvent déjà vers qui se tourner en premier. Notre responsabilité est de faire en sorte que cette confiance puisse mener quelque part. La Trust Study invite les décideurs à agir sur trois leviers : cartographier les relations de confiance qui existent déjà, outiller celles et ceux qui écoutent sans les médicaliser, et investir à l’autre bout du chemin, dans les soignant·es et les services vers lesquels orienter. Car une orientation ne vaut que ce que vaut le soin qui l’accueille. C’est tout l’enjeu : faire de la confiance une véritable infrastructure de santé mentale. »
— MARIE-ALIX DE PUTTER, FONDATRICE ET PRÉSIDENTE DE LA BLUEMIND FOUNDATION

Heal by Hair : donner à la confiance les moyens d’agir
Depuis 2021, la Bluemind Foundation forme des coiffeuses à travers son programme Heal by Hair. La Trust Study n’en mesure pas l’impact : elle étudie la relation sur laquelle il repose.
Les ambassadrices Heal by Hair sont formées à écouter sans juger, à garder strictement les confidences, à reconnaître la détresse, à réagir de façon sûre aux confidences difficiles, y compris les violences, à connaître les limites de leur rôle et à orienter vers des ressources qualifiées et identifiées, grâce à un système d’orientation construit avec les ministères de la Santé et du Genre. Il ne s’agit ni de faire des coiffeuses des thérapeutes, ni de médicaliser les salons, mais de relier une confiance qui existe déjà à des soins qualifiés.
Du Togo au monde : produire depuis l’Afrique les connaissances dont les systèmes de santé mentale ont besoin
Née sur le terrain togolais, la Trust Study s’inscrit dans une ambition plus large : contribuer, depuis l’Afrique, aux connaissances dont les systèmes de santé mentale ont besoin partout dans le monde.
La santé mentale reste un parent pauvre de la recherche, et l’Afrique francophone y est particulièrement sous-représentée. La Trust Study fait le chemin inverse : partir d’une réalité observée sur le continent, la documenter avec rigueur, en reconnaître les limites, puis se demander ce qu’elle peut apprendre au-delà de son terrain.
Car la question dépasse les salons de coiffure. C’est celle des intermédiaires de confiance du quotidien, ces personnes à qui l’on parle avant de franchir la porte d’un service de santé. Leur visage change selon les pays et les cultures, et les mécanismes observés au Togo ne se transposent pas automatiquement. Mais ils ouvrent une question de recherche internationale : où la confiance existe t-elle déjà, et que peut-elle permettre en santé mentale ?
Alors que l’OMS appelle à faire de l’expérience vécue une expertise capable de transformer les systèmes, la Trust Study apporte à cette conversation mondiale des données, une expérience et une question nées du terrain africain.
La santé mentale, c’est la santé.
Télécharger la Trust Study : bluemindfoundation.org/system/evidence
Distribué par African Media Agency (AMA) pour BlueMind Foundation
À PROPOS DE LA TRUST STUDY
Référence : Bluemind Foundation. (2026). Trust Study – La confiance peut-elle être une infrastructure de santé mentale ? Confiance, soutien émotionnel et chemins vers le soin en santé mentale dans les salons de coiffure au Togo. Lomé : Bluemind Foundation.
Terrain : avril à juin 2026 ; Lomé, Kara, Sokodé et Dapaong, Togo
Participantes : 576 femmes (205 clientes et 371 coiffeuses)
Méthodes : 440 questionnaires (150 clientes, 290 coiffeuses) ; 53 entretiens approfondis (28 clientes, 25 coiffeuses) ; cinq groupes de discussion réunissant 83 participantes (27 clientes, 56 coiffeuses). Données collectées par des enquêteurs indépendants.
Conception : recherche exploratoire et descriptive à méthodes mixtes. L’étude n’estime ni effets thérapeutiques ni impact causal.
DOI : 10.5281/zenodo.23226753
À PROPOS DE LA BLUEMIND FOUNDATION
La Bluemind Foundation est une organisation internationale à but non lucratif, née en Afrique, qui œuvre pour rendre le soutien et les soins en santé mentale accessibles à tou·te·s, partout et chaque jour. À travers la recherche, l’innovation sociale et des programmes communautaires tels que Heal by Hair, elle explore comment les ressources déjà présentes dans les communautés peuvent rapprocher l’écoute, le soutien et les soins.
Contact presse : welcome@bluemindfoundation.org · +228 99 22 00 87
Kit presse : Trust Study 2026 – Kit presse
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